Wow, c'est fait! Je vais vous raconter un peu comment c'est passé ce truc de dingue.
Oui, vraiment de dingue, "mais je suis folle!" je me suis dis a plusieurs reprise pendant mes mois d'entrainement, comment je vais pouvoir enchainer tout ça? Et puis le jour de l'epreuve arrive, et j'étais étonnamment calme, j'essayer de "dédramatiser" la situation, de me dire " oh allez, je vais faire une journée de sport non stop, pour voir!". Et puis avec toute l'ambiance autour on se sent sacrement chanceux d'en faire parti, de participer, je sais par exemple que pour papa et Aurelio c'est pas forcement facile d'être de l'autre coté de la barrière, c'est un peu frustrant, mais qu'est ce que j'étais contente qu'ils soient là quand même! Et puis maman, Charlie, stephane, suzanna et et et ... Stéphanie qui est toujours la pour me soutenir, c'est dingue d'avoir un copine comme ça!
Les quelques jours d'avant étaient super sympa, l'auberge de jeunesse ou j'étais avec d'autre du club était à une 20ème de km au sud de Zurich, au bord du lac, l'eau était super bonne pour faire un plouf bien tranquille (sans avoir a "nager").


Le lac était propre, j'ai fait un petit tour en vélo aussi, le cadre était magnifique, j'allais me régaler le jour de la course!
La Pasta Party d'un Ironman ça rigole pas, c'était un bon repas servi a table, la grande classe, et c'est 2 soir avant, du coup on en profite bien sans se dire qu'il faut vite aller dormir!

Je suis allée prendre mon dossard et déposer mon vélo dans la zone de transition la veille. C'est un peu stressant de voir tous le monde, avec leurs super vélos, tous leurs gros muscles, moi je me sentais un peu crevette a coté, je n'ai donc pas trop trainé sur place, et suis rentrée a l'auberge assez tôt.

Le matin de la course je me réveille en ayant bien dormi, un peu émue que ce soit le grand jour. Aurelio par contre a l'air peu tranquille, il me demande "ça va?", "oui ,oui, je suis super zen!", " ah, ba moi je suis HYPER stressé!" me dit-il!! Hehehe... Toujours plus stressant pour les supporters finalement!
Maman et Stéphanie sont mes reporters officielles, elles ont gentiment accepter de faire partager la journée aux autres par mail!
Dernière mise au point avec leur Smartphones:

Tous déguisés en Gava Triatlo!

Le lac avait l'air parfait, il faisait beau, il était un peu avant 07h, j'étais super excitée mais zen! Je vérifie mes dernières choses dans la zone de transition, je me mets des tonnes de vaseline autour du cou pour éviter les frottement avec la combi, je rassure Aurelio qui a toujours l'air un peu tendu ( en plus il sait très bien que j'aime pas nager et que j'ai jamais fait 3800m avant!) et je me met dans la zone de départ des filles (très sympa, comme ça au moins sur le départ on a moins de monde, donc moins de coups!)


Tout le monde est prêts?

Il y a un silence très émouvant au départ, tout le monde est concentré, on parle très peu. Le départ est dans 3 min, l'hymne suisse est joué, Lourdes et moi avons du mal a retenir notre émotion, on se serre dans les bras, se souhaite bonne chance "on se voit plus tard, profite bien de ta course!", et le compte a rebours commence, 10,9,8,7,6,5,4,3,2,1..... Et c'est parti!


Le départ coté fille est très calme.... jusqu'à arriver aux 100m où on rejoint les garçon, et la c'est la jungle! Ça tape, on voit rien, tellement de bras, ou sont les bouées? J'ai l'impression que tout le monde prend des trajectoires différentes, on se croise, par dessus, par dessous... Ouff...

Bon je vais essayer de me trouver une place tranquille. Quitte a perdre un peu de temps, je me place sur le coté extérieur et c'est effectivement bien mieux, je peux enfin nager! Et je fini ma première boucle comme ça. Entre les 2 tours on monte sur une petit ile, et la, ohhh grande joie, je vois mon club de supporters! génial!

2eme boucle passe assez vite, et la je me dis, "j'ai fait ce que j'aime le moins, maintenant je vais me régaler a vélo!". 1h34, c'est ce que j'avais prévu, tout roule!
Observez la tête d'Aurelio derrière, en casquette blanche.... ! Pas vraiment beaucoup plus zen que sur le départ, hehe!

Pendant la transition je prend mon temps, et puis comme je suis proche du bord, j'arrive a parler a Maman&Co tout en me changeant, ça me fait du bien, et je crois que ça les rassure aussi!


C'est une épreuve bizarre, tellement longue qu'on ne pense jamais a la fin, c'est trop loin, j'arriverais vers 21h ce soir, c'est bien plus qu'une journée de boulot, donc bon, je pense a ce que je fais en ce moment, en me concentrant a aller a un rythme lent, bien manger, prendre un bonne position pour ne pas me faire mal au dos, aux genoux, sourire, regarder autour de moi. Les 30 premiers km sont au bord du lac, c'est super joli.

Je me fait doubler de tous les cotés, j'ai pas l'habitude car normalement le vélo c'est mon fort. Je me dis:
- soit y'a vraiment plein de mauvais nageurs sur cette épreuve, encore pire que moi!
- soit ils ont oublié qu'ils ont un marathon a faire après leur petit ballade de 180km a vélo
Ils font ce qu'ils veulent, j'ai trouvé mon rythme, j'y reste!
Et pendant ce temps, le club de supporter s'est trouvé des vélos de locations, c'est vraiment des pros!

C'est pas tu tout aussi plat que je pensais, mais pour moi c'est mieux:
- ça permet de changer un peu de position
- je me repose en descente
- les vues sont encore plus belle d'en haut.

Le parcours passe par plein de petits villages sympas, avec plein de monde qui encourage "hopp! hopp!", et en échange d'un sourire ils se retournent après mon passage pour lire mon nom sur le dossard et continuent a crier "hopp Lucy hopp!"! je mange régulièrement et bois bien. Les barres salées de Lourdes fait maison sont idéales. En passant par le village de Egg je me raconte a moi même des blagues bien mauvaises du genre "comment s'appellent les hommes barbus a Egg?"- "des kiwis!"... Ça fait rire que moi?

Je termine la première boucle et entame la deuxième. J'aperçois mon club de supporter au loin, qui eux ne me voient qu'au dernier moment! Les pauvres, tout ça pour quelques secondes, car après ils savent que je repars pour une boucle de 3h30, mais bon, ils se reposent au bord du lac, font la sieste a l'hotel, déjeunent... Moi je pense à eux et je me fais une petit barre salée pour l'apero avec une gorgée de gel diluée dans de l'eau. Cheers!

Sur la fin du parcours un orage éclate... Hmm... Ça rafraichit mais c'est un peu dangereux en vélo, je fais bien attention, surtout dans les descentes, je perds un peu de temps mais tant pis, c'est pas le moment de tomber.
J'arrive a la zone de transition et j'hallucine, je me sens bien, assez fraiche, mais la c'est loin d'être fini, il me reste un marathon! Je papotte encore une fois avec mes supporters pendant que je me change, me badigeonne les pieds de vaseline, je leur raconte mes mauvaises blagues de Egg, papa me dit que c'est parfait qu'il pleuve, ça me donnera de l'énergie pour courir! Il n'a pas tord! Je commence en me marquant un rythme cool, en soignant ma technique robocop, bras le dans l'axe des jambes, tête droite. Aurelio arrive a toujours être sur le bord de la course pour me donner des encouragements "régule,régule !". Il sait ce que c'est lui.

Je me disais aussi qu'il fallait que je garde le sourire le plus longtemps possible, car c'est rétroactif, plus tu souri, plus on t'encourage! Je me faisais des potes suporters que je ne connaissais pas qui m'encourageaient a chaque boucle, c'était vraiment chouette, et puis je croisais régulièrement les autres du club, c'était super de s'échanger des mini gestes d'encouragement, a ce stade la, même si c'était le plus dur, on savait qu'on allait finir! En gardant un rythme constant, je n'arrêtait pas de doubler du monde, ça aussi c'est très encourageant. Je me disais que ça devait être ceux qui roulaient comme des fous a vélo! Y'avait plein de monde qui marchait, des têtes qui n'avaient vraiment pas l'air de passer un bon moment. Moi pour l'instant ça allait.

Papa et Aurelio étaient à tous les croisements, ils courraient a coté de moi, puis me retrouvaient plus loin, j'avais quasiment toujours l'un ou l'autre pas loin, c'était génial!

La fatigue est arrivée progressivement, mais finalement, ce n'était pas le corps qui lâchait, c'était la tête, alors ça a été un dur travail de motivation, de ne pas m'avouer que j'étais crevée, de me débrouiller pour toujours sourire quand je croisais maman &co pour ne pas leur montrer trop ma fatigue (j'avais besoin qu'ils restent positifs, et qu'ils ne s'inquiètent pas a me voir souffrir!). Aux ravitaillements, Maman me lisait les commentaires de copines qu'elle avait reçus sur son téléphone, c'était incroyable de me sentir tellement soutenue!

J'avais une folle envie de marcher, pour aucune raison particulière, juste par épuisement global! Mais je me suis mise une règle très stricte: "tu as le droit de marcher aux ravitaillements pour boire de l'eau, mais a la dernière poubelle, tu jète ton gobelet et tu cours!". "ho... Elle est dure" je pensais...
mais je m'y suis tenue, et après une dernière boucle ou j'avais vraiment du mal a rester concentrée, je fini par voir l'arrivée approcher. C'est étrange, après une journée entière à avancer, sans être conscient de "la fin", j'entre enfin sur le tapis bleu d'arrivée, presque surprise, "ah, c'est fini? Je peux arrêter?". Je passe d'abord les gars du club, qui me font un couloir de mains dans lesquels taper, puis, je passe le dernier virage et j'aperçois enfin l'arche d'arrivee, je découvre aussi le chrono qui marque 13h29. Y'a plein de monde mais je n'arrive pas vraiment a regarder ailleurs que devant moi, l'arrivée, je suppose que maman & co sont par la, mais je ne vois que la dernière ligne droite.


Les nerfs commencent a lâcher,je commence a me rendre compte que je l'ai fait, je cri, je hurle, je sais plus très bien, en couvrant les derniers mètres.

Je passe la ligne a 13h30, je m'écroule par terre, me prend la tête dans les mains pour essayer de réaliser. Un gars de l'organisation vient m'aider a me relever, me met une serviette autour du coup et me sert la main, "congratulations" me dit il. Je trouve un banc, m'assoit, et fend en larme. J'aperçois mes supporters et les retrouve rapidement, ouf ça a été une journée longue pour tout le monde, mais ON l'a fait!